Qu’est-ce que REJA24 et quels avantages offre aujourd’hui le pavillon polonais à un bateau ?
REJA24 est le registre électronique polonais des yachts et autres bateaux jusqu’à 24 m. Il a été créé par la loi du 12 avril 2018 (s’ouvre dans un nouvel onglet) et fonctionne depuis le 1er août 2020 En vigueur. C’est pourquoi tant de propriétaires établis hors de Pologne y ont immatriculé leur bateau :
- Aucune condition de résidence ni de nationalité. Inutile d’être polonais ou citoyen de l’UE : une adresse de notification et un port d’attache en Pologne suffisent En vigueur. Le ministère des Infrastructures l’a confirmé devant le Sejm le 3 septembre 2026 : « Nie ma wymogu zamieszkania w Polsce » (« il n’y a pas d’obligation de résider en Pologne »).
- La preuve de propriété suffit. La loi ne compte pas la preuve du paiement de la TVA parmi les pièces exigées En vigueur. Cela ne règle pas pour autant la question de la TVA : le pavillon ne détermine pas le statut fiscal du bateau.
- Des frais de 80 zł pour l’inscription En vigueur.
- Un document sans date d’échéance : la carte d’immatriculation est délivrée sans date d’expiration En vigueur.
- Dispense d’inspection technique pour les yachts de plaisance jusqu’à 15 m En vigueur.
- Démarche en ligne, via le portail REJA24 En vigueur.
Selon l’exposé des motifs, le registre comptait en décembre 2025 plus de 100 900 unités, et 40 018 avaient un propriétaire domicilié hors de Pologne. Ce chiffre compte le domicile, pas la nationalité : un Polonais qui vit en Espagne y figure ; un étranger domicilié en Pologne, non.
Que prévoit la réforme du registre polonais ?
Le Conseil des ministres polonais a adopté le projet le 28 juillet 2026, et il a été déposé au Sejm le lendemain sous le numéro druk 2995 (s’ouvre dans un nouvel onglet). Le texte de référence est aujourd’hui celui du rapport de la commission, druk 3220 (s’ouvre dans un nouvel onglet), du 22 octobre 2026. Tout ce qui suit est une proposition : elle peut changer ou ne pas être adoptée.
- Inspection préalable obligatoire pour les bateaux qui ne sont pas en propriété polonaise, confiée à une société de classification agréée En projet.
- Confirmation de l’immatriculation tous les 5 ans En projet. Le document ne serait plus valable indéfiniment.
- Perte du pavillon polonais en cas de manquement En projet.
- Certificat provisoire limité à 60 jours, sans possibilité de naviguer avec En projet. Ce serait l’une des premières mesures appliquées : 14 jours après la publication de la loi.
- Nouveaux frais, qu’un règlement ultérieur fixerait En projet.
Combien coûterait le pavillon polonais si la réforme est adoptée ?
Aujourd’hui, les frais d’immatriculation sont de 80 zł En vigueur. Les nouveaux montants seraient fixés par un règlement ultérieur ; ceux qui ont été publiés ne sont que des propositions En projet. Attention à la catégorie : le chiffre élevé concerne l’immatriculation volontaire, celle de la plupart des propriétaires étrangers, et non l’immatriculation obligatoire.
| Poste | Montant | Statut |
|---|---|---|
| Frais d’immatriculation actuels | 80 zł | En vigueur |
| Immatriculation obligatoire | 200 ou 400 zł | En projet |
| Immatriculation volontaire (la plupart des étrangers) | 2 000 ou 3 000 zł | En projet |
| Confirmation tous les 5 ans pour les étrangers | 1 000 zł, chiffre cité au Sejm | En projet |
| Inspection préalable | Plafond de 100 % du salaire moyen polonais | En projet |
Immatriculation obligatoire et volontaire : étude d’impact du projet. Confirmation : commission du Sejm du 3 septembre 2026. Plafond de l’inspection : texte de la commission. Aucun montant n’est adopté.
Pourquoi la Pologne veut-elle durcir son registre des yachts ?
L’exposé des motifs (s’ouvre dans un nouvel onglet) du projet avance trois raisons :
- le trafic de drogue à bord de yachts sous pavillon polonais hors de Pologne ;
- des intermédiaires qui ne vérifient pas les données des bateaux qu’ils font immatriculer ;
- des certificats provisoires falsifiés.
Le ministère des Infrastructures a donné un chiffre devant la commission du Sejm (s’ouvre dans un nouvel onglet) : les demandes d’autres pays pour monter à bord de yachts sous pavillon polonais sont passées de 11 en 2022 à 378 en 2025. Il s’agit de demandes d’arraisonnement, pas de saisies.
Selon l’agence PAP, sur au moins 30 bateaux impliqués entre 2022 et 2026, un seul avait un propriétaire ou un exploitant polonais. C’est le motif déclaré de la réforme, pas un portrait de ceux qui ont choisi ce pavillon.
Où en est la réforme et quand entrerait-elle en vigueur ?
La réforme a franchi la première lecture et fait l’objet d’un rapport de commission. Au 27 octobre 2026, la fiche de la procédure au Sejm (s’ouvre dans un nouvel onglet) la donne comme non adoptée En projet.
· Fait
Première version du projet
Publiée sur gov.pl avec une confirmation tous les 2 ans, qui ne figure plus dans le texte actuel Historique.
· Fait
Adoption par le Gouvernement
Le Conseil des ministres adopte le projet UD305.
· Fait
Dépôt au Sejm
Le projet est enregistré sous le numéro druk 2995.
· Fait
Première lecture en commission
La commission GMZ du Sejm examine le projet en première lecture.
· Fait
Rapport de la commission
La commission rend son rapport (druk 3220), imprimé le 27 octobre 2026.
Sans date· En attente
Deuxième et troisième lectures au Sejm
Débat en séance plénière et vote. Les délais, les frais et les exigences peuvent encore changer à ce stade.
Sans date· En attente
Examen par le Sénat
Le Sénat examine le texte adopté par le Sejm.
Sans date· En attente
Signature du président
Étape préalable à la publication.
Sans date· En attente
Publication au Dziennik Ustaw
Au bout de 14 jours s’appliqueraient la limite de 60 jours du certificat provisoire et l’interdiction de naviguer avec En projet.
Fin 2027 ?· En attente
Entrée en vigueur de l’essentiel de la réforme
12 mois après la publication (art. 8 du texte de la commission) : inspection préalable et confirmation de l’immatriculation En projet. Cette date est notre estimation.
Quel délai auraient les bateaux déjà sous pavillon polonais ?
Les bateaux déjà immatriculés ne perdraient pas leur pavillon dès le premier jour. Le projet leur laisse de 3 à 24 mois à compter de l’entrée en vigueur pour demander la confirmation de validité de leur immatriculation, selon leur date d’inscription En projet.
| Date d’inscription du bateau | Délai à compter de l’entrée en vigueur |
|---|---|
| Jusqu’au 31 décembre 2021 | 3 mois |
| Après le 31 décembre 2021 | Délais échelonnés selon la date d’inscription, jusqu’à 24 mois au maximum |
Il s’agit d’un projet : les tranches peuvent changer lors du vote. La tranche correspondant à chaque date figure dans le texte de la commission, druk 3220 (s’ouvre dans un nouvel onglet), du 22 octobre 2026.
Si le bateau n’est pas en propriété polonaise, il devrait en outre passer l’inspection préalable. À défaut, il perdrait le pavillon polonais En projet.
Que pouvez-vous faire dès maintenant si votre bateau est sous pavillon polonais ?
Rien ne vous oblige à agir aujourd’hui : votre immatriculation polonaise reste valable En vigueur. Voici vos options :
- 1
Attendre le texte définitif
La réforme peut encore changer lors du vote et, si elle est adoptée, vous auriez de 3 à 24 mois pour vous mettre en conformité En projet. Le risque : devoir décider alors que le délai court déjà.
- 2
Préparer le dossier
Il vous servira quelle que soit votre décision. Retrouvez le document d’immatriculation polonais original (indispensable pour la radiation), la facture ou l’acte de vente et la déclaration écrite de conformité (DEC) du constructeur : selon le projet, elle pourrait permettre l’inspection polonaise à distance, et la DDTM du Var l’exige pour les bateaux construits après le 16 juin 1998. Clarifiez aussi la situation du bateau au regard de la TVA.
- 3
Passer sous pavillon français
C’est un registre de l’UE sans réforme de durcissement en cours pour la plaisance. Il exige qu’au moins 50 % du bateau appartienne à des ressortissants de l’UE ou de l’EEE, mais pas que vous résidiez en France : une « élection de domicile » suffit En vigueur. L’enregistrement est gratuit et le bateau de plaisance privé à usage personnel n’est pas soumis à une inspection administrative périodique, même si un contrôle de sécurité a lieu avant l’enregistrement En vigueur. En contrepartie, vous payez une taxe annuelle, la TAEMUP. Pour aller plus loin : le pavillon français pour votre bateau et comment passer du pavillon polonais au pavillon français.
- 4
Passer sous pavillon espagnol, si vous vivez et naviguez en Espagne
Si vous résidez en Espagne, que vous y utilisez le bateau et qu’il mesure plus de 8 m, l’impôt espagnol d’immatriculation (IEDMT) est dû de la même façon sous n’importe quel pavillon étranger En vigueur. Dans ce cas, l’immatriculation espagnole peut être la solution la plus cohérente. Un projet de Real Decreto espagnol sur les registres maritimes (Registros Marítimos) simplifierait l’immatriculation des bateaux venant de l’EEE En projet. Comparez les trois pavillons dans pavillon polonais, français ou espagnol.
Questions fréquentes
Le pavillon polonais a-t-il déjà changé ?
Non. Au 27 octobre 2026, la loi du 12 avril 2018 reste en vigueur : registre ouvert, frais de 80 zł et document sans date d’échéance En vigueur. La réforme (druk 2995) a fait l’objet d’un rapport de commission le 22 octobre 2026 (druk 3220), mais le Sejm ne l’a pas votée, elle n’est pas passée devant le Sénat et elle n’a pas été publiée En projet.
Quand la réforme polonaise entrerait-elle en vigueur ?
Il n’y a pas de date. Selon l’art. 8 du texte de la commission, elle entrerait en vigueur 12 mois après sa publication au Dziennik Ustaw En projet. Certaines dispositions s’appliqueraient au bout de 14 jours, comme la limite de 60 jours du certificat provisoire et l’interdiction de naviguer avec. Comme elle reste à adopter, l’inspection et la confirmation n’arriveraient pas avant fin 2027, selon notre estimation.
Si mon bateau est déjà sous pavillon polonais et que la réforme est adoptée, que devrai-je faire ?
Demander la confirmation de validité de l’immatriculation dans un délai de 3 à 24 mois à compter de l’entrée en vigueur, selon la date d’inscription : 3 mois si votre bateau a été inscrit au plus tard le 31 décembre 2021 En projet. Si le bateau n’est pas en propriété polonaise, vous devriez aussi passer une inspection préalable auprès d’un organisme reconnu. À défaut, vous perdriez le pavillon polonais. C’est un projet.
Comment se déroulerait l’inspection préalable polonaise ?
Elle serait réalisée, à la demande du propriétaire, par une société de classification reconnue par l’UE et agréée par la Pologne En projet. Elle vérifierait que les données correspondent au bateau, ainsi que son état général de navigabilité. Si le bateau dispose d’une déclaration CE, elle pourrait se faire à distance, quand l’organisme le décide. Le résultat serait rendu en 3 jours ouvrés, et le prix plafonné à 100 % du salaire moyen polonais.
Combien coûteraient les nouveaux frais polonais ?
Aucun montant n’est adopté. L’étude d’impact propose 200 ou 400 zł pour l’immatriculation obligatoire et 2 000 ou 3 000 zł pour l’immatriculation volontaire, celle de la plupart des propriétaires étrangers En projet. Au Sejm, il a été question de 1 000 zł tous les 5 ans pour la confirmation des étrangers. Tout dépendrait d’un règlement ultérieur. Aujourd’hui, l’inscription coûte 80 zł En vigueur.
Pourquoi la Pologne durcit-elle son registre ?
L’exposé des motifs cite le trafic de drogue à bord de yachts sous pavillon polonais hors de Pologne, des intermédiaires qui ne vérifient pas les données et des certificats provisoires falsifiés. Selon le ministère des Infrastructures, les demandes d’autres pays pour arraisonner ces yachts sont passées de 11 en 2022 à 378 en 2025. Il s’agit de demandes d’arraisonnement, pas de saisies.
Sources officielles
- Loi polonaise du 12 avril 2018 sur l’immatriculation des yachts et autres bateaux jusqu’à 24 m, texte consolidé Dz.U. 2024 poz. 1536 (16 octobre 2024) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Règlement du 17 avril 2020 sur la procédure d’immatriculation, Dz.U. 2020 poz. 763 (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Règlement du 7 février 2020 sur les frais, Dz.U. 2020 poz. 248 (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Règlement du 10 avril 2024 sur l’inspection des yachts de mer, Dz.U. 2024 poz. 642 (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Exposé des motifs du projet, druk 2995 (29 juillet 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Rapport de la commission, druk 3220 (22 octobre 2026, imprimé le 27 octobre 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Procédure 2995 au Sejm (consultée le 27 octobre 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Compte rendu de la commission GMZ du Sejm (3 septembre 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Fiche du projet UD305 sur gov.pl (versions du 16 septembre 2025, du 1er juillet 2026 et du 23 septembre 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- PAP/wnp.pl, rapport de la commission du Sejm (22 octobre 2026 ; presse) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Bankier/PAP, frais prévus par l’étude d’impact (27 juillet 2026 ; presse) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Code des transports, art. L5112-1 et suivants (Légifrance ; vérifié dans l’édition consolidée du 13 octobre 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- mer.gouv.fr, « Acheter, vendre, enregistrer des navires de plaisance » (mis à jour le 21 octobre 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Division 240, réglementation française de sécurité de la plaisance (édition JORF du 8 juin 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Ley 38/1992 de Impuestos Especiales (loi espagnole sur les accises), texte consolidé (mis à jour le 30 septembre 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- RD 875/2014, permis nautiques espagnols, cinquième disposition additionnelle (texte consolidé au 30 décembre 2025) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- RD 339/2021, équipement de sécurité des bateaux de plaisance en Espagne (BOE du 19 mai 2021) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Projet de Real Decreto sur les registres maritimes espagnols (consultation publique jusqu’au 20 octobre 2026) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
- Commission européenne (DG TAXUD), guide sur les bateaux de plaisance (30 avril 2026 ; non contraignant) (s’ouvre dans un nouvel onglet)
Information générale à la date de révision. Elle ne remplace pas un conseil fiscal ou juridique sur votre situation personnelle.